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  Rezension
Ausgabe 2
 
 
Hans-Jürgen Lüsebrink (Hg.): La Conquête de l’espace public colonial. Prises de parole et formes de participation d’écrivains et d’intellectuels africains dans la presse à l’époque coloniale (1900 – 1960).
IKO-Verlag, Frankfurt am Main, London, 2003, 272 p.,
ISBN 3-88939-036-6, 22, 90 €

Jean-Claude Bationo (Saarbrücken)
 
 

Dans ce récent ouvrage, Lüsebrink mène une réflexion approfondie sur les origines de la littérature africaine francophone. En interrogeant l’histoire de la littérature francophone de 1900 à 1960 l’auteur parvient effectivement à reconstruire une nouvelle genèse de la littérature africaine à partir de la presse écrite, unique outil d’antan pour les écrivains pionniers africains. L’originalité de l’ouvrage se situe synchroniquement dans le fait de montrer non seulement le goût de la production littéraire africaine suscité très tôt à l’Ecole William Ponty, mais aussi de retracer le profil littéraire de certains écrivains depuis la toute première école coloniale jusqu’à leur engagement décisif tant dans la littérature que dans la politique. Diachroniquement, l’auteur s’est efforcé de retrouver, de distinguer, de résumer et de classer à partir de la presse les dossiers de ces écrivains et intellectuels africains selon leur origine géographique et leurs nationalités (Bénin, Burkina Faso, Côte-d’ivoire, Mali, Sénégal etc.). La structure de l’ouvrage nous permet de mieux le cerner.

Le livre, préfacé par Bernard Mouralis, comprend trois grandes parties, à savoir les enjeux, les prises de paroles et les débats. La première partie s’articule autour de trois chapitres explorant les journaux et les revues de l’époque coloniale qui permirent aux premiers écrivains africains comme Léopold Sédar Senghor, Bernard Dadié, Paul Hazoumé, etc. de s’exprimer. Cet outil colonial de communication qu’est la presse joua un rôle capital aussi bien sur le plan littéraire que politique, car il permit entre autre aux écrivains de s’affirmer davantage. Ainsi, presque toute la littérature orale africaine transcrite fut d’abord publiée par la presse coloniale. L’auteur précise qu’entre 1913 et 1935 la seule revue Bulletin de l’enseignement de l’A.O.F. publia, par exemple, 111 textes issus de la littérature orale africaine. La défense des valeurs africaines ne s’est pas seulement faite par les littéraires par le biais de la presse coloniale, mais aussi par la contribution non négligeable des illustres historiens et ethnologues.

Dans la deuxième partie qui comporte quatre chapitres, Lüsebrink se penche essentiellement sur les prises de paroles autobiographiques. L’auteur met en lumière l’émergence de la littérature africaine parue dans la presse coloniale française sous forme de récits, de journaux de voyage, de « professions de foi » et de poèmes autobiographiques. L’auteur montre que l’écriture autobiographique fut le point de départ de la littérature africaine francophone. Ces récits autobiographiques furent suscités par le pouvoir colonial dans le but de vouloir mieux connaître les populations indigènes, c’est-à-dire leur culture et leur psychologie, et de mieux les gouverner. Décryptant davantage les archives, Lüsebrink découvre, citations à l’appui, que la connaissance de « l’âme nègre », était tout un programme étoffé et organisé par le pouvoir colonial en A.O.F. et particulièrement par le sénateur Lucien Cornet. Ainsi furent menées des enquêtes psychologiques et ethnographiques, et des campagnes de recueillements de témoignages autobiographiques furent lancées dans le but d’en savoir davantage sur l’âme nègre. A cet effet des récompenses de 3 000 francs furent également proposés aux meilleurs textes. La question était si importante que les contenus des rédactions scolaires devraient être orientés vers des récits autobiographiques. C’est ainsi que Mariama Bâ dont la rédaction scolaire autobiographique fut publiée s’est distinguée dès l’âge de 18 ans par sa prestation scripturale. Lüsebrink clôt ce chapitre en rappelant le rôle de la littérature dans la colonisation, qui, selon Abdoulaye Sadji, « était de mieux faire connaître au peuple colonisateur le peuple colonisé sous l’angle de l’universelle humanité » (Sadji 1949: 13 9- 141). Respectivement aux chapitres 5, 6 et 7 de cette deuxième partie de l’ouvrage l’auteur se consacre à une biographie détaillée sur Abdoulaye Sadji, Fily Dabo Sissoko et Fodéba Kéita.

Dans la dernière partie de l’ouvrage comptant cinq chapitres et intitulée « Débats », l’auteur oriente les prises de parole sur les expositions coloniales, organisées en Europe en général et en France en particulier dans le but non seulement d’exhiber sa richesse coloniale, mais aussi pour manifester au monde sa propre grandeur nationale en tant que « Plus Grande France ». Ainsi l’on peut agréablement lire dans l’ouvrage des exemples de prises de parole de certains chefs locaux africains exaltant la tenue des expositions coloniales. Mais l’auteur ne s’arrête pas à cette glorification de la « Plus Grande France ». Il met également en évidence des contre-discours sur les expositions coloniales tenus par les écrivains et certains intellectuels africains comme Amadou Lamine Diallo et Fily Dabo Sissoko qui s’y opposèrent radicalement. Aux chapitres 9, 10 et 11 de l’ouvrage, l’auteur évoque les débats sur le métissage culturel qui fut le cheval de bataille du pouvoir colonial tant sur le plan politique, idéologique que pédagogique. Les écrivains et les intellectuels africains s’opposèrent également à ce « Front Eurafricain ». Lüsebrink fait du dernier chapitre une conclusion reprenant les grandes lignes de sa réflexion en insistant sur les trois illustres écrivains et intellectuels de l’histoire africaine coloniale à savoir Fodéba Kéita, Abdoulaye Sadji et Fily Dabo Sissoko.

En somme, l’ouvrage de Lüsebrink, de par son contenu imposant, impressionnant et convainquant, marque effectivement « un moment nouveau » dans le domaine de la littérature africaine, selon les termes de son préfacier Mouralis. Nous déplorons cependant que l’auteur n’ait pas évoqué les prises de parole des écrivains, des artistes et des intellectuels africains lors des congrès internationaux tenus respectivement à Paris en 1956 et à Rome en 1959 sur les fonctions de la littérature et la mise en cause du fondement de la littérature africaine, qui, des années durant, firent couler beaucoup d’encre (cf. Présence Africaine N°24-25). L’on pouvait s’attendre à ce que l’auteur l’évoque à la fin du chapitre 2 de la deuxième partie pour étayer et compléter la réflexion sur le rôle de la littérature dans la colonisation esquissée par Abdoulaye Sadji à la page 12 de l’ouvrage. Il aurait dû alors en résulter des interrogations sur les concepts de la littérature et l’esthétique littéraire africaine sur lesquels l’auteur pouvait se prononcer.

Hormis ces quelques faiblesses, la lecture de La conquête de l’espace public est vivement recommandée pour mieux décrypter et explorer l’étude de la littérature africaine, de son enseignement et de son histoire.

Hans-Jürgen Krumm (Hg.). Sprachenvielfalt. Babylonische
Sprachverwirrung oder Mehrsprachigkeit als Chance?
Studienverlag, Innsbruck/Wien u. a. 2003. ISBN 3-7065-1787-6,
201 Seiten, EUR 24,-.

Salifou Traoré (Bamako/Bangkok)

In einer sich globalisierenden Welt, in der Menschen unterschiedlicher Sprach- und Kulturgemeinschaften aufeinander treffen, erweist sich der Umgang mit mehreren Sprachen als lebenswichtig. In diesem Zusammenhang versammelt der vorliegende Band Beiträge der zum „Europäischen Jahr der Sprachen 2001“ durchgeführten Ringvorlesung der Geistes- und Kulturwissenschaftlichen Fakultät der Universität Wien unter dem Titel „Vielsprachiges Europa – babylonische Sprachverwirrung oder Mehrsprachigkeit als Chance?“ In seiner Einführung kündigt H.-J. Krumm das Erkenntnisinteresse des Bandes an:

Im Zentrum des vorliegenden Bandes steht der Blick auf diejenigen Sprachenlandschaften, die in Geschichte und Gegenwart durch Mehrsprachigkeit charakterisiert sind und für die Entwicklung der heutigen europäischen Mehrsprachigkeit prägnante positive wie negative Beispiele liefern: das Europa des Hochmittelalters, Afrika, der südslawische und der Ostseeraum, der niederländische Sprachraum und Frankreich (14f.).

Anschließend erstellt der Aufsatz von A. Mettinger in Zusammenarbeit mit S. Dollinger, B. Soukup und K. Kordon „Sprachen an der Universität Wien: Perspektiven, Möglichkeiten, Wünsche“ eine Bestandsaufnahme der gegenwärtigen Situation der Sprachen in Lehre und Forschung der Universität Wien. R. de Cillia diskutiert in seinem Aufsatz „Tendenzen und Prinzipien europäischer Sprachenpolitik“ die Bedeutung einer pluralistischen Sprachenpolitik in Europa. Dabei plädiert er u. a. für ein verstärktes Angebot an Fremdsprachen über die Schulen hinaus auch an Universitäten, in tertiären Bildungseinrichtungen sowie bei berufstätigen Erwachsenen. V. Krausneker und H. Jarmer analysieren die Situation der „Gebärdensprachenpolitik in Europa“. Im Mittelpunkt stehen Österreich, die Niederlande, Belgien, Schweden und Frankreich. Der Beitrag von R. R. Schjerve „Europäische Sprachenpolitik und Minderheiten“ informiert über die europäischen Minderheitensprachen und deren Förderungsmaßnahmen. Hier erweist sich die 1992 vom Europarat verabschiedete Europäische Charta der Regional- und Minderheitensprachen als das Rahmenübereinkommen zum Schutz nationaler Minderheiten. Am Ende befürwortet die Vfn. ein politisches Konzept von Mehrsprachigkeit, „in dem die Sprecher der Klein- und Kleinstsprachen ihr Recht auf Sprache geltend machen können, ohne – wie in der Vergangenheit – aufgrund ihrer Sprache weiterhin sozial diskriminiert und zur Minderheit degradiert zu werden“ (59). Der Artikel von H. Reichert „Sprachvielfalt, kultureller und literarischer Kontakt im Europa des Hochmittelalters: abschreckendes Beispiel oder Vorbild für die Gegenwart?“ blickt auf die Vielsprachigkeit im Europa des Mittelalters zurück und zieht das Fazit: „Ein Werk in Übersetzung lesen heißt also, ein anderes Werk lesen. Aber wir können, wenn wir mehrsprachig sind, beide Texte lesen und die Fragen und Antworten vergleichen, die sie bieten, den einen Sinn und den anderen. Das ist unsere Chance“ (79). N. Cyffers Aufsatz „Afrikas Sprachenreichtum oder ‚Liegt Babylon in Afrika‘?“ befasst sich mit der sprachlichen Vielfalt in Afrika. Im Gegensatz zur weit verbreiteten Meinung stellt der Vf. fest:

Wenn man die Chancen und Probleme Afrikas verstehen will, muss man sich auch mit dem Reichtum seiner Kulturen auseinandersetzen. Die Vielzahl der Kulturen wird allzu oft und leichtfertig als lästiges Übel oder Konfliktpotential für das Entstehen von zwischenethnischen Spannungen, Hindernissen bei der Schaffung der nationalen Einheit oder Hemmnissen bei der Bildungsplanung betrachtet. Dagegen wird häufig übersehen, dass der Respekt vor den eigenen Kulturen das Selbstwertgefühl steigert, was wesentlich zur Beseitigung von ethnischen Konflikten und zum inneren Frieden beitragen kann (87).

Hier werden die sprachenpolitischen Entscheidungsträger Afrikas aufgefordert zu handeln. G. Neweklowsky beschäftigt sich mit den Südslawischen Sprachen (Slowenisch, Bosnisch, Kroatisch, Serbisch, Makedonisch und Bulgarisch), I. Sooman mit den Sprachen im erweiterten Ostseeraum (Finnisch und Schwedisch u. a.), C. Kaper mit dem Niederländischen als plurizentrischer Sprache, P. Cichon mit der Sprachpolitik im heutigen Frankreich, G. Fischer mit dem Tschechischen. Der Beitrag von R. Trappl „Chinesich im Europa des 21. Jahrhunderts: zwischen Exotismus und Selbstverständlichkeit“ behandelt im Hinblick auf die Globalisierung die wachsende Bedeutung des Chinesischen in Europa. Der Artikel von H.-J. Krumm „Deutsch im Konzert der Sprachen. Die Rolle der deutschen Sprache in Konzepten europäischer Mehrsprachigkeit“ analysiert die Bedeutung des Deutschen in der europäischen Sprachenvielfalt. Dabei stellt der Vf. Überlegungen an, wie Deutsch als Fremdsprache in dieser vielfältigen Sprachenlandschaft optimal gefördert werden kann. Der abschließende Aufsatz von H. Schendl, B. Seidlhofer und H. G. Widdowson „Weltsprache Englisch – Bedrohung oder Chance?“ befasst sich mit dem Englischen als internationaler Verkehrssprache.
Zusammenfassend kann angemerkt werden: Der Band diskutiert die europäische Sprachenvielfalt unter vielen Aspekten. Allen Beiträgen ist gemeinsam, dass sie alle der Mehrsprachigkeit das Wort reden. Dies ist vor allem wichtig, um Verstehen, Verständigung und Verständnis zwischen Menschen unterschiedlicher Sprach- und Kulturgemeinschaften zu ermöglichen. Darin äußert sich ein Vorzug des Bandes.

Kirsten Adamzik. Textlinguistik. Eine einführende Darstellung. Max
Niemeyer Verlag, Tübingen 2004. ISBN 3-484-25140-9, 176 Seiten,
EUR 14,50. (Germanistische Arbeitshefte)

Salifou Traoré (Bamako/Bangkok)

Nach den in den letzten Jahren mannigfaltig abgefassten Einführungen in die Textlinguistik drängt sich die Frage auf, inwiefern sich die vorliegende von den anderen unterscheidet. Die Antwort der Vfn. lautet: „Die zahlreichen Einführungen belegen das große Interesse am Gegenstand, aber auch die darin immer wieder zum Ausdruck gebrachte Unübersichtlichkeit des Forschungsfeldes, in dem eine große Anzahl von Analyseansätzen entwickelt wurde, die teilweise etwas verbindungslos nebeneinander stehen, mitunter auch nahezu inkompatiblen theoretischmethodischen Grundansätzen verpflichtet sind und bei denen der Bezug zu Fragestellungen und Interessen, die sich beim Studium der Germanistik ergeben, nicht immer hinreichend deutlich wird“ (VII). Dem ist zugleich die Zielgruppe des Bandes, nämlich die Studierenden der Germanistik, zu entnehmen.
Das Arbeitsheft besteht außer aus einem Literaturverzeichnis, einem Namen- und Sachregister aus sieben Kapiteln. Die Kap. 3 bis 7 schließen jeweils mit Aufgaben ab.
In Kap. 1 („Der Text als Forschungsgegenstand – Aus der Geschichte der Textlinguistik“) wird auf die Herausbildung der Textlinguistik als Disziplin zurückgeblickt. In Kap. 2 („Zum Textbegriff“) setzt sich die Vfn. mit dem Textbegriff auseinander. Anschließend werden in Kap. 3 („Texteigenschaften als Beschreibungsdimensionen“) Dimensionen derBeschreibung von Texten analysiert. Die Analyse schließt mit einem Raster zur Beschreibung von Texten ab: Thema/Inhalt, dem situativen Kontext, Funktion und sprachlicher Gestalt, die in den folgenden Kapiteln 4 („Situativer Kontext“), 5 („Funktion“), 6 („Thema“) und 7 („Sprachliche Gestalt“) detailliert beschrieben werden.
Der Band ist übersichtlich aufgebaut und verständlich geschrieben. Die früheren Einführungen werden, wie im Vorwort angekündigt, aufeinander bezogen diskutiert. An den Aufgaben am Ende von Kap. 3 – 7 kann man überprüfen, inwieweit man das Gelesene verstanden hat. Allerdings werden kulturspezifische Aspekte von Texten kaum behandelt. Dies war aber auch nicht das Ziel der Vfn., da sie die Kulturgeprägtheit von Texten und Textsorten als einen Untersuchungsbereich für sich betrachtet (80). Insgesamt ist das Arbeitsheft der anvisierten Leserschaft in jeder Hinsicht sehr zu empfehlen.